Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

J'attendais gentiment mes 15 jours de vacances de début juillet. Suite à la réunion de mardi avec l'intervenant extérieur et aux préconisations que ce dernier remettra au Directeur, j'apprends que ma collègue avec laquelle je suis en binôme est en arrêt maladie car sa tension est très haute. Il faut dire qu'à la vue de son passif médical, burn out l'an passé et opération du cœur il y a quelques années, les médecins l'ont arrêtés jusqu'à fin juillet. Pour la remplacer une future diplômée (elle attend ses résultats comme moi) qui avait postulé pour cet été, devait passer un entretien vendredi finalement celui-ci n'a pas eu lieu car elle a été appelé en urgence jeudi pour venir travailler. Là chef m'appelle pour m'informer que "vous allez travailler avec quelqu'un qui n'a jamais mis les pieds dans la maison d'enfants. Je compte sur vous pour l'aiguiller sur le fonctionnement du groupe", merci pour cette confiance et cette demande, en soi cela ne change pas grand-chose. Seulement pour pouvoir faire tout ceci encore faut-il que le terrain le permette. Jeudi j'ai pu voir tout ceci avec la "nouvelle" comme disent les jeunes, à 21h30 car il fallait bien faire face aux mouvements d'humeur des uns et des autres entre chamailleries, pleurs et "balades" (certains erraient car ils s'étaient embrouillés) dans le parc. J'avais donné mon numéro de téléphone à ma nouvelle collègue si jamais elle avait une question ou un souci sur le groupe pendant que je vadrouillais dans les hectares entourant la mecs à la recherche des boudeurs. La pauvre je n'ai pas pu trop lui montrer le fonctionnement avant 21h30, un peu vouée à elle même du fait des impératifs terrain mais elle s'en est très bien sortie. Serait-ce une bonne future recrue? Les indicateurs vont dans ce sens mais je vais attendre un peu avant de me prononcer car nous n'avons travaillé que deux jours ensemble. D'ailleurs vendredi soir, tout se passait pour le mieux jusqu'à ce qu'un petit incident vienne contrarier (un peu fort comme mot) l'arrivée proche de mes vacances. Le frigo dans lequel le repas était entreposé a été mal fermé par les cuisiniers du coup la température des plats était entre 10 et 12 degrés, pour un repas "froid" c'était un peu tiède. J'ai donc appelé le cadre d'astreinte car je ne me voyais donner de la viande à cette température aux jeunes. Personnellement, je l'aurais mangé quitte à attraper une petite dysenterie les jours suivants mais hors de question de prendre ce risque avec les jeunes. La cadre me dit d'aller chercher quelque part à manger, le problème est que j'ai rendu ma caisse et mes comptes la veille et que je n'ai pas repris d'argent vu que j'allais être en congés. Je suis donc allé chercher des kebabs (11 pour être précis) chez d'anciens pensionnaires de la mecs comme me l'a indiqué l'astreinte, "dis leurs que je passerai les régler demain, s'il y a un souci tu m'appelles". Avant de pouvoir commander nos repas, je me suis retrouvé dans une mission commando, enfin disons que c'est la fête de l'été sur la ville et que la tradition veut qu'il y ait une course de vélo sur le tour de ville (les gars font une cinquantaine de tours de 2-3 km, ça doit être long de voir tout le temps le même décor). Pour le coup, vu que le centre-ville est fermé, il faut trouver une place pour pouvoir se garer (pas évidemment) puis avoir le droit de traverser la route sur laquelle la course s'effectue (même sans coureurs les gars de la sécurité n'étaient pas favorables à ce que je passe). Arrivé dans le restaurant (un petit boui-boui), j'explique que je n'ai pas d'argent donc que c'est la cadre qui avait accueilli les 2 mineurs non accompagnés sur la mecs qui m'envoie puis qu'elle viendra payer le lendemain. Le petit problème qui s'est offert à moi est que les anciens pensionnaires n'étaient pas présents sur place; c'était leur associé qui travaillait. Il a été très sympathique, "pas problème monsieur, 15-20 minutes" (je ne connais pas leurs origines, pakistanais?). Pour le coup, je me suis dit qu'il était plus productif que la petite main d'œuvre chinoise pour préparer 11 kebabs en si peu de temps ; en fait j'ai attendu quasiment trois quarts d'heure pour récupérer ma commande. Ce qui m'inquiétait le plus était de savoir comment cela se passait sur le groupe parce que les jeunes auraient pu profiter de la "nouvelle" pour la faire tourner en bourrique. Ils sont restés sympathiques avec ma collègue.
Après ce périple (ouh quel aventurier que je suis, digne de koh Lanta), les jeunes ont pu déguster ou plutôt avaler leurs kebabs car il était déjà 21 heures passées et leurs faims se faisaient ressentir (la mienne aussi au passage). L'attente en valait le coup car je ne suis pas persuadé qu'ils auraient aussi bien mangé (en quantité) que si nous avions dégusté le rôti et les courgettes prévus initialement. Il fallait bien un petit contre temps de dernière minute avant de pouvoir enfin être en vacances.