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J'ai donc été "admis" à l'atelier théâtre, une aubaine pour moi (je suis ironique). Avant ceci, j'en ai profité pour faire part de mon "mécontentement" (pas trop revendicatif non plus mais je voulais lui dire) au formateur s'occupant des médiations éducatives; "vous ne m'aimez pas beaucoup, ça fait 2 fois que je suis en choix 3.", "tu n'as qu'à essayer de voir pour changer d'atelier" me dit il mais non je n'ai pas cherché ni voulu changer mon affectation au théâtre, comme dit sur l'article précédent, je ne vais pas faire ma diva. Puis je suis en théâtre donc je vais en théâtre, adviendra ce qu'il adviendra.
L'intervenant est super sympa, d'entrée il marque des points (du moins envers moi) en parlant de Deligny, de la participation du public donc de nous "futurs acteurs". Puis il fait un tour des participants pour connaître leurs envies de cette semaine. A mon tour, je lui explique que "c'était mon troisième choix, mais bon j'y suis donc allons y, c'est parti, on verra bien." J'étais en mode "la semaine va être longue" puis nous avons commencé par des petits jeux où des rires nerveux jaillissaient dans la salle. Petit à petit, la semaine est passée très rapidement car le groupe de 10 que nous étions, était solidaire et plein d'entrain. Une bonne dynamique de groupe, bien impulsée par l'intervenant. Comme il nous le rappelait, "cette salle est un laboratoire expérimental". Pour le coup, c'était très expérimental car se "transformer" en animal, avec les bruits bien-sûr, ou bien encore en objet, c'est quand même peu commun. Quelqu'un serait entré dans la salle sur ces moments là, il appelait un psychiatre illico presto pour faire en sorte de nous mettre dans un lieu sécurisé (une petite chambre blanche et les cachets qui vont avec). L'intervenant est arrivé à nous faire lâcher prise à tous même aux plus timides. En même temps, toutes les personnes composant le groupe étaient bienveillantes les unes envers les autres, en fait nous étions tous dans le même bateau, tous autant ridicules. L'intervenant prenait soin de connaître notre ressenti après chaque demi journée, cela lui permettait d'ajuster les mises en situations ou les jeux suivants.
C'est vrai que j'ai eu du mal à répondre à toutes ses commandes; non pas que je ne voulais pas mais il m'était compliqué de faire certaines émotions comme ça sur demande. Ce n'était pas tant le fait qu'on "m'impose" une émotion qui me dérangeait mais plus le fait que cela ne soit pas naturel parce que toutes ces émotions (joie, tristesse, peur...), je les réalise tous les jours (surtout quand mon degré de connerie augmente) sauf que c'est sur le moment et non calculé.
La semaine touchant à sa fin, nous avions mis en place des jeux pour montrer ce que nous avions pu voir et réaliser tout au long de l'atelier de médiation sauf que nous n'étions plus dans le labo expérimental à 11 personnes, nous étions devant toute la promo et quelques formateurs présents soit une soixantaine de personnes. L'avantage c'est que nous avions un cadre de départ fixé par l'intervenant et que nous étions libres à l'intérieur de celui-ci (j'avais l'impression d'être au boulot sauf que les rôles étaient inversés, ce n'était pas moi qui laissais les jeunes évoluer dans ce cadre à leurs guises) donc nous avons fait quasiment du 100% improvisation. Il m'a été difficile lors de la restitution de ne pas rigoler au moment de me "transformer" en table de bar. Faut dire que pour le coup, j'avais vraiment l'air con (désolé pour la vulgarité) mais bon vue que le ridicule ne tue pas, j'étais bien en place. Bien mieux qu'à la fin de notre "représentation" où chacun d'entre nous allait se placer face au public pour lire une phrase ou une citation de Fernand Deligny de son choix. Au moment de mon élocution (en période présidentielle, ça fait bien comme mot), j'ai bugué alors que cette phrase je la connais par cœur. Un membre du public m'a interpellé lors de mon bug, je suis incapable de dire ce qu'elle a dit (ce n'était pas méchant mais certainement pour me taquiner) par contre cela a eu un effet positif sur moi, j'ai sorti ma phrase entièrement "méfie toi, celui qui se montre; c'est qu'il a envie de se faire voir donc de se cacher". Je pense que sa prise de parole m'a piqué dans mon orgueil (c'est une hypothèse) et que pour le coup ma réponse était dans la phrase ou plutôt dans la compréhension de cette phrase car elle a laissé un petit blanc dans l'assemblée. Cette phrase était le point final de ma carrière théâtrale qui aura durée en tout est pour tout une semaine. Une semaine que j'appréhendais et qui finalement c'est déroulée très (trop?) vite malgré ma retenue du départ.

Citation sur à pris o ri