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Lors de l'étude de la situation d'une fratrie, je me suis fait une réflexion personnelle. Ce sont les à priori des personnes autour de la table qui m'ont interpellé notamment les réactions des psychologues. Cette situation particulièrement complexe (celle là, elle est vraiment de haut niveau) du fait du passif très particulier du père (violence envers la mère des enfants, alcoolisme) cristallise les points de vue. Je me suis rendu compte au cours de cette réunion que nous étions réellement 2 sur les 7 personnes présentes à vouloir travailler avec le père. La situation évolue (très) doucement. Je "porte" la voix de sa fille qui veut passer plus de temps avec son père car elle m'en a fait la demande. Je lui ai donné les démarches à suivre, écrire au juge, tout en lui indiquant que je pouvais l'accompagner dans sa rédaction. Le travail avec les familles peut s'avérer compliqué lorsque ces derniers ne répondent pas quant on les mobilise (pour le coup, j'ai la chance d'avoir les parents de me "référés" présents lors des sollicitations).
Ce qui peut être également compliqué, c'est de garder une posture professionnelle envers eux. Il est vrai que temps en temps, j'aimerais bien leurs dire ce que moi en tant que parent je pense de leurs actes. C'est cette difficulté que j'ai ressenti auprès de mes collègues lors de la réunion, le fait de savoir rester éducateur (ou professionnels) et ne pas réagir de façon personnelle. Dans le cas du père de la fratrie, au vue du passif, mon côté personnel m'amènerait à l'encastrer dans un mur (je sais, c'est pas bien) et lui faire subir les violences ce qu'il a lui même fait précédemment mais mon côté professionnel me font travailler avec lui en faisant au maximum abstraction du passé car dans l'intérêt de sa fille, il est présent, je me dois d'être en contact régulier avec lui. Les psychologues n'étaient pas de mon avis mais comme je l'ai signifié, "on avance petit à petit en sachant qu'il peut à tous moments nous claquer dans les doigts". Puis en même temps, c'est bien joli de faire de belles phrases derrière un bureau ou autour d'une table mais ce ne sont pas elles qui font les accompagnements ni les visites médiatisées (il fait peur, soi disant), qui observent le comportement et qui sont en lien avec lui et sa fille.
Je pense que j'aurais énormément de difficultés à travailler avec des parents dont les jeunes ont été victimes d'attouchement ou de viols. J'y ai déjà été confronté et je dois avouer que mes paroles ou discussions étaient très très brèves (c'est pas pro mais je reste un être humain) voire quasi inexistantes. Le ton de ma voix était très sec.
Le positionnement à avoir entre l'avis personnel et le professionnel peut parfois être complexe dans le boulot au quotidien.