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Ce dernier mois, j'ai enchaîné les réunions en vue du retour d'un jeune à son domicile. Il est arrivé à 4 ans sur la maison d'enfants et il va en partir à l'âge de 12 soit les 2/3 de son existence passée en institution. Le jeune fait pas mal de bêtises ces derniers temps, "c'est pas normal, il fait n'importe quoi, il écoute rien" peuvent dire certains de mes collègues. J'ai la chance d'avoir un bon contact avec le jeune même s'il est vrai que ce n'est pas un grand bavard mais au moins les problèmes rencontrés par mes collègues, j'ai le bénéfice de ne pas les connaître. Ensuite comme j'essaye de le faire comprendre aux membres de l'équipe dont je fais parti, le pré ado doit se poser des milliers de questions en ce qui concerne ce retour à la maison puis force et de constater que chaque jeune sur le départ signe ou soigne (ça dépend comment on voit la chose) son retour au domicile par une période de bêtises sur la mecs. C'est une sorte de "tradition" (il y a mieux j'en conviens), de rituel du style "j'me casse bientôt donc je fous le bordel" (pas avec tous les éducs quand même). Nous avons préparé le retour au domicile avec le jeune mais également avec les parents. Je crois que c'est ce qui a été le plus complexe, mobiliser les géniteurs surtout le papa car mine de rien, ils connaissent très peu leurs enfants. L'aîné a passé la moitié de sa vie dans la mecs et le petit dernier les deux tiers donc je ne suis pas étonné qu'il y ait de l'appréhension du côté des parents comme des enfants. Bon en mal en (pas sur que ça s'écrive comme ça), la préparation au retour s'est faite dans les meilleures conditions; enfin du mieux que nous pouvions le travailler avec les parents. La maman s'est déjà rapproché d'une association de la ville où elle habite afin de connaître les modalités d'une aide aux devoirs (elle est analphabète) pour ses fils.
Les craintes du père se sont révélées lorsqu'il a demandé s'il pouvait y avoir un suivi éducatif au domicile. Pour moi c'est tout à son honneur d'effectuer cette demande car au vue de la durée du placement (8 ans quand même) cela aurait été suicidaire (j'avoue c'est un peu fort) qu'il n'y ait pas un minimum de suivi dans cet accompagnement même s'il n'y a pas d'interrogation à avoir sur un quelconque danger physique pour les jeunes. L'audience étant prévue fin octobre (la juge n'a pas voulu ou pu avancer l'audience), les frères ont été respectivement inscrits dans les collège et lycée proche du domicile afin qu'ils effectuent la rentrée scolaire sans avoir à changer d'environnement au bout d'un mois cours. A la fin de l'été (ils passent toutes les vacances d'été en famille), ils seront accueillis sur une antenne de la mecs proche du domicile. Lorsque j'ai évoqué le fait de demander à la maison d'enfants, située sur la même commune que le domicile parental, de les accueillir car c'est cette mecs et plus précisément son équipe éducative qui sera amené à réaliser l'accompagnement au domicile, il y a eu une réaction négative de la cadre. Pourtant j'avais mon argumentation prête, une prise de contact avec les enfants et de fait avec les parents pendant 2-3 mois afin qu'ils prennent le relais sur la situation en ayant un minimum de connaissances des personnes. Je trouvais mon argumentaire judicieux voire logique mais je n'avais pas pris en compte un élément (quel con)...celui du financier. Forcément s'ils restent sur une antenne de la maison d'enfants, le prix de journée de la prise en charge nous revient. Je travaille et réfléchis (un bien grand mot) en fonction du projet des jeunes qui nous sont confiés, dans la maison d'enfants ce n'est pas le cas de tout le monde.

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